Editorial

Editorial de Juillet 2019

AMOUR, LIBERTÉ, RESPONSABILITÉ : POURQUOI LE MAL EXISTE-T-IL ?

Certains non-croyants se posent la question : si Dieu existe, pourquoi le mal existe-t-il ? Si Dieu existe, le mal ne devrait pas exister. De notre côté, nous croyants, parfois, nous nous posons la question : pourquoi Dieu permet-il le mal, puisqu’il est tout puissant ?

Tout d’abord, il n’est pas exact de dire que Dieu permet le mal. Car dire que Dieu permet le mal signifie que Dieu pourrait empêcher le mal, mais il ne le fait pas. Il serait donc en accord avec l’existence du mal. En quelque sorte, Dieu voudrait le mal. Or Dieu, qui n’est qu’amour, ne peut jamais vouloir le mal. Le mal, c’est ce qui est contre Dieu, c’est ce qui n’est pas Dieu

Pourquoi le mal existe-t-il alors ? Pour répondre à cette question, il faudrait aller jusqu’à l’origine du projet créateur de Dieu. Lorsque Dieu a créé l’homme, il l’a créé à son image, à sa ressemblance. Aussi, l’homme n’est pas seulement un corps. Il est aussi une âme, un esprit, une raison, un cœur. L’homme est un animal raisonnable, disait la philosophie antique. Et puisque l’homme a une raison, il est libre, c’est-à-dire qu’il se rend compte que plusieurs possibilités s’offrent devant lui. Il ne peut pas les réaliser toutes. C’est pourquoi il doit faire un choix. Dans sa vie, l’homme fait continuellement des choix, et il prend des décisions. Or, dans ses choix, l’homme peut choisir ce qui lui fait du bien et ce qui fait du bien aux autres. Mais il peut aussi choisir ce qui lui fait du mal, ou ce qui fait du mal aux autres.

Mais pourquoi Dieu a-t-il créé l’homme libre ? Dieu a créé l’homme libre par amour, parce qu’il l’aime. En effet, lorsqu’on aime quelqu’un, on respecte sa liberté. C’est parce que Dieu nous aime qu’il nous a créés libres. Il n’y a pas d’amour sans liberté. Quand on aime, on respecte la liberté de la personne qu’on aime. Dieu nous aime tellement qu’il respecte notre liberté, même si nous utilisons cette liberté pour le refuser, ou pour faire le mal. Dieu ne s’impose jamais à l’homme. C’est pour cela qu’il y a des croyants et des non-croyants. On ne peut donc pas séparer amour et liberté.

Mais du fait que l’homme est libre, il est aussi responsable. Etre responsable, c’est assumer les conséquences de ses actes, que celles-ci soient bonnes ou mauvaises. On ne peut donc pas séparer non plus liberté et responsabilité. Seul est vraiment libre celui qui est responsable. Celui qui n’est pas responsable n’est pas vraiment libre. Et celui qui n’est pas vraiment libre n’est pas vraiment responsable. C’est le cas d’un enfant, ou d’une personne qui est obligée d’obéir à un ordre, ou encore d’une personne qui a un handicap mental.

Ainsi l’homme profite des conséquences de ses actes si celles-ci sont bonnes. Par contre, l’homme subit les conséquences de ses actes si celles-ci sont mauvaises. Et par respect de notre liberté, Dieu ne peut rien devant les conséquences de nos choix, de nos décisions et de nos actes, que ces conséquences soient bonnes ou mauvaises. Ainsi, Dieu ne permet pas les mauvaises conséquences de nos actes, qui constituent un mal, mais il n’y peut rien, par respect de notre liberté, parce qu’il nous aime. D’où toutes les victimes des guerres, des conflits, des attentats, des actes de violence et de toutes les formes de mal qui sévissent au sein de notre monde. Les catastrophes naturelles posent un autre problème que nous ne pouvons pas traiter ici. Aussi nous ne parlons ici que du mal qui est fait par l’homme.

C’est à nous, donc, de prendre notre part de responsabilité, avec l’aide de la grâce de Dieu et sous la conduite de l’Esprit Saint, pour établir, parmi nous, le règne de Dieu, c’est-à-dire un monde plus juste, plus humain et plus fraternel, où règne l’amour, et où tout le monde puisse vivre dans la paix, la joie et le bonheur. Et c’est ce que Dieu veut pour chacun, chacune de nous.

P. Clément