Editorial

Editorial de Mars 2019

LES EXIGENCES DE LA VIE CHRETIENNE POUR ETRE UN CHEMIN DE BONHEUR

En face du mal, comme l’anxiété nerveuse et violente qui nous disperse et nous affaiblit, la négativité et la tristesse, l’acédie commode, consumériste et égoïste, l’individualisme, les contrariétés, les vicissitudes de la vie, les agressions de la part des autres avec leurs infidélités et leurs défauts, la médisance, les humiliations, la souffrance, nous pouvons, grâce à une force intérieure, avoir de l’endurance, de la douceur, de la patience et la constance dans le bien. C’est la fidélité de l’amour qui conduit vers la paix. La certitude personnelle d’être infiniment aimé, au-delà de tout, nous met dans une joie intérieure profonde et nous procure le sens de l’humour. La joie est conséquence de la charité que l’Esprit-Saint suscite en nous.

Contre l’accoutumance, nous devrions être animés, tous ensemble, de liberté, d’audace, de courage, d’enthousiasme et de ferveur pour aller aux périphéries, là où l’humanité est la plus blessée et cherche un sens à la vie.

Par ailleurs, nous devrions être en continuelle communion avec Dieu. En plus, nous devrions avoir des moments de communion intime avec Dieu, un cœur à cœur avec Lui, un face-à-face avec Lui dans le silence. L’ouverture à Dieu se réalise dans la lecture priante de sa Parole, dans l’eucharistie et l’adoration, dans la réconciliation sacramentelle et, avec tous nos souvenirs et toute notre mémoire reconnaissante, dans la prière, où il y a des supplications pour nous et pour nos frères.

Et la vie chrétienne est un combat permanent qui nécessite de la force et du courage. Cette lutte est très belle, car elle nous permet de célébrer chaque fois Dieu vainqueur dans notre vie. Le progrès du bien, la maturation spirituelle et la croissance de l’amour sont les meilleurs contrepoids au mal.

Pour sa part, le discernement, qui est une grâce et qui est aussi une nécessité impérieuse continuelle, se développe par le silence de la prière attentive, la réflexion, la lecture et le bon conseil. Sans la sagesse du discernement, nous pouvons devenir facilement des marionnettes à la merci des tendances du moment. Un sincère examen de conscience quotidien nous est nécessaire. Le discernement spirituel n’exclut pas les apports des connaissances humaines, existentielles, psychologiques, sociologiques ou morales. Mais il les transcende, les surpasse. Il dépasse la raison et la prudence afin d’entrevoir le projet unique et inimitable que Dieu a pour chacun et qui se réalise dans des contextes et des limites les plus variés.

Ce qui est en jeu, c’est le sens de notre vie devant le Père qui nous connaît et qui nous aime. Le discernement, en définitive, conduit à la connaissance du Père et de son Fils Jésus. Il est, donc, écoute de Dieu, des autres et de la réalité afin de renoncer à son propre point de vue partiel ou insuffisant, à ses habitudes, à ses schémas. Il ne suffit pas que tout aille bien, que tout soit tranquille, mais il faut passer à une vie meilleure. Une telle écoute implique l’obéissance à l’Evangile comme ultime critère et au Magistère, c’est-à-dire au Pape et aux évêques. Seul l’Esprit sait pénétrer dans les replis les plus sombres de la réalité et prendre en compte toutes ses nuances pour que, sous un nouveau jour, émerge la nouveauté de l’Evangile, qui est un message de bonheur.

Enfin, à l’exemple de la Vierge Marie et à sa suite, le discernement, qui nécessite de la générosité, concerne tous les domaines de notre vie, afin de viser le bien de nos frères et notre propre bien.

Bonne rentrée en Carême à tous !

P. Clément