Editorial

Editorial de Juillet-Août 2018

LES SOURCES DE NOTRE JOIE DE VIVRE

Pourquoi sommes-nous joyeux ? Quelles sont les sources de notre joie de vivre ? Il y a, en premier lieu, la gratitude. Cultiver la gratitude favorise une vision positive de la vie. Les personnes habituellement reconnaissantes sont plus heureuses, plus énergiques, plus optimistes, plus serviables et plus empathiques. En effet, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Il y a quelque chose de divin dans le fait d’être en vie. Si nous croyons en l’amour infini de Dieu pour nous, rien ne nous empêche d’être heureux. Personne ne pourra nous enlever la dignité que nous confère cet amour infini et inébranlable que Dieu a pour nous. Nous sommes personnellement certains d’être infiniment aimés de Dieu, au-delà de tout. Et l’espérance est la confiance totale en l’amour de Dieu pour nous. Notre seule confiance, notre seule Espérance est la miséricorde infinie de Dieu qui nous accueille tels que nous sommes. Dieu ne se décourage jamais, quel que soit notre passé, de vouloir nous apprendre à aimer. Et Jésus nous permet de relever la tête et de recommencer, avec une tendresse qui ne nous déçoit jamais et qui peut toujours nous rendre la joie.

En ce qui nous concerne, pour être heureux, il faut que volontairement nous choisissions le bonheur, quelles que soient les circonstances extérieures de notre vie. Quelle que soit notre situation, nous pouvons récolter du bonheur tous les jours de notre vie. Aussi, il est vital d’aborder chaque jour avec le désir d’être heureux. Car notre vie est un cadeau et nous comptons bien en profiter. Et chaque jour qui nous reste à vivre est unique, car jamais nous ne pourrons le revivre. Demain sera un autre jour. Aussi vivons chaque jour à fond. Comme chaque vie, chaque jour est unique, non répétable. Ce qui a poussé Paul Claudel à dire: “Il est beau de vivre, parce que vivre c’est commencer toujours, à chaque instant.”

Par ailleurs, le secret de la vie est d’aimer. Car l’amour est la seule énergie qui peut transformer l’homme et le monde par son pouvoir unificateur. L’amour seul peut sauver l’humanité. Puisque Dieu n’est qu’amour, l’amour ne déçoit jamais. Le pari de l’amour est toujours gagnant. “On dit parfois : Dieu peut tout ! Non, Dieu ne peut pas tout. Dieu ne peut que ce que peut l’amour. Car il n’est qu’Amour” précise François Varillon. Aussi, être aimé pour ce qu’on est, tel qu’on est, y compris avec ses limites, et réussir à aimer l’autre tel qu’il est et non tel qu’on le rêve, voilà ce qui est pour nous source d’une vraie joie. Ce désir d’aimer, cette capacité d’aimer, c’est ce que Dieu a mis de plus beau en nous. Mais c’est aussi ce qu’il y a de plus fragile. Aimer, ce n’est pas simplement éprouver un sentiment. Aimer, c’est choisir librement d’aimer. Aimer, c’est vouloir aimer. Ce qui fait donc la valeur d’une vie, c’est la quantité d’amour, de justice, de courage dont nous sommes capables. Chaque instant d’amour est un instant d’éternité. Car l’amour est le reflet du coeur de Dieu. Plus notre coeur est ouvert et disponible, plus l’amour de Dieu pourra le remplir et le sanctifier. Se défaire de la rancoeur, de la colère, de la violence et de la vengeance est la condition nécessaire pour vivre heureux. “Un seul instant de pure charité vaut mieux que toutes les oeuvres du monde”, affirme Saint Ignace de Loyola. Et pour signifier l’urgence d’aimer, Sainte Thérèse de Lisieux dit : “Pour aimer sur la terre, je n’ai rien qu’aujourd’hui.” Et il est à rappeler que Dieu nous a faits aussi pour que nous ayons du plaisir, un plaisir partagé, qui ne fait pas de mal aux autres. D’un autre côté, quand la croix vient, comme la maladie ou le deuil, il faut l’embrasser. Mais derrière la croix qu’on embrasse, il y a toujours une résurrection. Vivre positivement, c’est apprendre à parler de ce qui va bien. Il s’agit d’un optiréalisme, c’est-à-dire d’un optimisme réaliste. L’optimisme, c’est de se dire que tout n’est pas perdu et qu’il est possible d’améliorer les choses. Il y a plus de bien que de mal dans le monde. Les gens bien sont plus nombreux que les malfaiteurs. Et le bonheur n’est pas d’avoir ce que l’on désire, mais d’aimer ce que l’on a.

Enfin la vraie joie est celle du don. La joie est le premier fruit de l’amour. Et le don de soi est la plus grande joie de l’existence.

Bonnes vacances à tous !

P. Clément