Editorial

Editorial de Septembre 2018

L’HOMME NE VIT PAS SEULEMENT DE PAIN MAIS DE TOUTE PAROLE QUI SORT DE LA BOUCHE DE DIEU

Si nous réfléchissons sur la parole, nous pouvons dire, d’abord, que l’homme est le seul animal qui parle. Autrement dit, la parole, comme la pensée, est l’apanage de l’homme. En effet, l’homme parle parce qu’il pense. Et l’homme pense parce qu’il parle. Pensée et parole sont inextricablement liées. La parole permet d’exprimer la pensée. Le domaine ouvert à la parole, comme celui de la pensée, est illimité. En un sens, la parole peut tout dire, quitte à utiliser des termes comme indicible ou ineffable pour indiquer ce que nous ne pouvons pas exprimer. La parole peut, aussi, parler de tout : de l’homme, du monde et de Dieu.

De ce fait, la parole est ambivalente : elle peut faire du bien, mais elle peut aussi faire du mal. La plus belle déclaration d’amour peut se faire à travers la parole, comme aussi l’expression de la haine la plus viscérale. La parole peut faire revivre, mais elle peut aussi tuer. « La mort et la vie sont au pouvoir de la langue » (Pr. 18, 21), nous dit déjà le livre des Proverbes. D’un côté, la parole est une richesse inestimable. Mais, d’un autre côté, son pouvoir dévastateur et sa capacité à faire du mal sont aussi incalculables. La parole peut semer le bonheur. Mais elle peut aussi apporter le malheur. Bref la parole peut exprimer aussi bien la beauté et la bonté sublimes que le mal radical et la cruauté sans limite.

C’est pourquoi Saint Jacques souligne l’importance de la maîtrise de sa langue. Voici ce qu’il dit : « Si quelqu’un ne commet pas d’écart quand il parle, c’est un homme parfait, capable de maîtriser son corps tout entier. » (Jc 3, 2) Il nous fait remarquer, en effet, que « notre langue est une petite partie de notre corps et elle peut se vanter de faire de grandes choses » (Jc 3, 5). Il nous lance alors un avertissement et une recommandation : « La langue, personne ne peut la dompter : elle est un fléau, toujours en mouvement, remplie d’un venin mortel. Elle nous sert à bénir le Seigneur notre Père, elle nous sert aussi à maudire les hommes, qui sont créés à l’image de Dieu. De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Mes frères, il ne faut pas qu’il en soit ainsi. » (Jc 3, 8-10)

Nous sommes invités à prendre la parole, encore faut-il « tourner sept fois notre langue » avant de dire quelque chose. Nous avons à bien réfléchir avant de parler.

Bonne rentrée à tous !

P. Clément